mercredi 7 septembre 2016

La Slow Cosmétique, mention marketing ?


J'ai longuement hésité à écrire cet article.
Faire le buzz ou créer une polémique, ce n'est pas particulièrement (voir pas du tout !) mon "truc".
Cela dit, exposer mon avis, poser des questions, est aussi le but de ce blog.
Je sais que cet article risque de ne pas plaire.
Mais... Il me semblait nécessaire, quelque part, d'expliquer un peu ce que j'en pensais.
Cet avis n'engage que moi.
Je ne le présente pas comme " un vérité".
Mais bien un avis !



Ceux qui me suivent le savent, je ne suis pas une "cosméteuse" très slow.
Mon principe n'est pas d'aller au plus simple mais de réaliser des cosmétiques efficaces et agréables à utiliser. ( oui, ça peut aussi être le cas en Slow, évidemment.)

Cela étant, j'ai toujours respecté le principe de la slow cosmétique, qui rentrait dans mes idées de consommer de manière réfléchie, sans gaspillage.

Et même si je n'étais pas toujours d'accord.

J'avais déjà réagi sur la page Facebook suite à mes lectures des ouvrages du parrain de l'association Julien Kaibeck, sur des propos avec lesquels je n'étais pas d'accord : des imprécisions, des soucis de conservation.. J'essayerai de revenir dessus dans la partie " bibliothèque du blog."

Cela étant, le principe même de l'association était sympathique.

Depuis l'ouverture du site de vente, pourtant, la dérive me semble bien présente.
Est-ce parce qu'ils sont plus présents sur les réseaux sociaux et que j'y prête plus d'attention ?

Reste que les articles sont souvent partiaux, orientés.. Des demis vérités allant dans leur sens, et bien sur, de la publicité pour les produits qui sont vendus.

On nous dira que l'association ne touche pas d'argent sur ces ventes ; cependant, l'adhésion n'est pas "donnée" et la mention est, elle, d'après nos sources, payante (un "don obligatoire" indexé sur un pourcentage du CA - en gros - de la marque concernée)
De même, les boutiques paient pour figurer sur le site un abonnement mensuel.
(Sources professionnelles)

La mise en avant de leur mention comme "seule" mention valable (NL de juillet)

Ainsi, les articles sont des "pubs".
Les produits vantés ne sont pas toujours en accord avec leurs principes de base : parlons d'une marque qui a une mention Slow et pourtant dont les produits ont un INCI à rallonge ; je n'ai pas compté, mais on est bien proche de 60.. pas très slow !

Des recettes, qui existent depuis bien longtemps et qui sont présentées comme des innovations..

Des "dossiers thématiques" très loin d'être justes : par exemple : un bon savon "SAF" ne peut avoir de couleurs vives (autres que naturelles, j'entends - or les argiles ne font pas de couleurs vives..) et il est "très discrètement parfumé.."...
"Saponification à froid d'ailleurs rendue populaire par la Slow ! "
Ah bon ?
(Article Tout savoir sur les savons à froid)

Des simplifications à outrance, pour une consommation simple, mais au final non contrôlée car non comprise lorsque l'on ne cherche pas à se renseigner.

Des refus de certains produits pour en accepter d'autres qui peuvent pourtant être bien plus dangereux comme les huiles essentielles en cas d'utilisation abusive.


En bref, une communication et des contenus réalisés dans l'optique de vous faire peur et surtout de vendre leur concept : mention / produits.
La communication est tellement "forte" que les petits artisans se retrouvent avec cette mention sachant bien qu'elle leur permettra de "décoller".
Une communication souvent "négative" plutôt que positive : le reste, c'est mal, nous c'est bien (je simplifie, mais fondamentalement..)
Certes ; mais où est le principe de base de la slow la dedans ?
D'autant plus que Slow ne veut pas dire Bio. Ne veut pas non plus dire un contrôle des ingrédients ou des Bonnes Pratiques de Fabrication comme certaines autres mentions.

Tiens, parlons du Savon "Julien" ; 90g. 12e.
Là, je m'interroge. Chaque savon devant disposer d'un DIP (Dossier d'information produit) et être notifié sur le portail CPNP .. quel intérêt pour 20 savons ? De plus, nous ne sommes pas sur un savon marbré ; donc, une composition spéciale Julien ? QUID donc du réglementaire.. mais surtout des frais et du temps de travail ?
Même si bien sur, il s'agit d'un savon ultra simple.. à 12€ !
Mais alors, que devient la consommation simple, sans effet marketing ?


Je n'apprécie pas le fait de dénigrer ce qui n'est pas slow ; certes les circuits de distribution traditionnels ont leurs défauts et certains sont très critiquables ; mais il faut savoir être juste.


Peut être suis-je, en tant que membre de différentes associations françaises, trop ancrée vers le "association à but non lucratif".

Pour moi, une association ne doit pas se faire d'argent autre que celui lui permettant de bien fonctionner.
Elle ne doit pas devenir une vaste opération marketing, faisant de l'adhérent un client et un consommateur poussé vers une idée précise, surtout lorsque son propos de base est de dénoncer ce système.
Bref, pour moi, la Slow part à la dérive. Dommage. L'idée de base était chouette, même si je n'étais pas d'accord avec pas mal de propos, même si cette cosmétique ne me correspondait pas.

La Slow restait un bon moyen d'informer sur les compositions, les méfaits potentiels de certains ingrédients, sur les alternatives..
Restait.
Car aujourd'hui, il faut faire le tri, et le marketing semble avoir pris le dessus...

Vous en pensez quoi vous ?



Edit du 09/09. 

J'ai reçu ce jour un mail de l'association me demandant de publier leur droit de réponse, sur des informations qu'ils considèrent comme incorrectes et donc diffamatoires. 
Voici donc leur retour, dont je vous laisse juge pour le moment.
J'ai pour ma part, un gros manque de temps pour les prochains jours, mais promis, je vous dirai ce que j'en pense très vite. N'hésitez pas, vous, à me faire quelques retours. Je pense que cela ne pourra que nous faire tous avancer. 
Je tiens cependant à dire que je n'ai JAMAIS remis en question le principe de base de la Slow, ni le choix fait par les entreprises et bénévoles de la suivre ; je respecte chacun des membres, et je connais de nombreuses personnes qui ont fait par conviction le choix de cette mention, notamment de super savonniers dont je suis la première à vanter les mérites. 


“L’Association Slow Cosmétique a pris bonne connaissance des doutes émis dans l’article “Slow Cosmétique, Mention Marketing” à son sujet. Après la peine ressentie par rapport à ses bénévoles, aux marques félicitées et à ses partenaires institutionnels ou PME, l’Association admet que sa communication doit être améliorée mais souhaite simplement corriger certaines informations qui s’avèrent incorrectes :

1. “On nous dira que l'association ne touche pas d'argent sur ces ventes ; cependant, l'adhésion n'est pas "donnée" et la mention est, elle, d'après nos sources, payante (un "don obligatoire" indexé sur un pourcentage du CA - en gros - de la marque concernée)”

  • Adhésion : Il n’existe pas d’adhésion payante à l’Association Slow Cosmétique à ce jour. Nous rappelons que les marques ou pros ne peuvent pas être membres de l’Association, réservée aux particuliers. Les particuliers qui sont “membre associé” peuvent témoigner du fait qu’aucun frais n’existe.

  • Mention payante : La Mention Slow Cosmétique n’est pas payante. Elle est remise à des marques que l’Association souhaite féliciter. C’est une récompense gratuite, remise 3 fois par an par le bureau de l’Association après délibération. Les 116 marques félicitées à ce jour peuvent en témoigner et sont listées sur le site de l’Association ici https://www.slow-cosmetique.org/la-mention-slow-cosmetique/les-marques-laureates/
Par contre, sur le principe du Guide Michelin, une participation sous forme de don est en effet demandé à toute marque qui souhaite utiliser elle-même notre Mention 
Slow Cosmétique à des fins d’auto-promotion. Exemples : si une marque imprime notre logo sur ses packs, sur ses flyers, etc… 
Cela n’est pas obligatoire cependant et certaines marques lauréates de la Mention ne sont pas donatrices car elles n’utilisent pas notre Mention.


2. “De même, les boutiques paient pour figurer sur le site un abonnement mensuel. (Sources professionnelles)”

Les marques ne payent pas pour figurer sur le site slow-cosmetique.org. Par contre, l’utilisation du site slow-cosmetique.com (qui n’est pas notre site mais un site partenaire) est payante en effet. 
Slow-cosmetique.com est une marketplace partenaire de l’association et gérée par une start-up partenaire, sous convention avec notre Association.
Le site slow-cosmetique.com est un outil mis à disposition des marques lauréates pour vendre leurs produits de qualité en direct. Comme toute marketplace (Etsy, littlemarket…) le site est bien évidemment payant mais géré en bonne entente avec les marques. 
Il a été au départ demandé aux marques un abonnement de 45 euros par mois et 15 % de commissions. Nous tenons à préciser que les Ateliers partenaires de l’Association (comme ceux de Melle Biloba ou Christine Chostakoff de l'ECM, qui peut témoigner) ont un accès gratuit à la marketplace, sans abonnement, et une section particulière pour vendre leurs ateliers ici à 15 % de commission seulement : https://www.slow-cosmetique.com/ateliers-et-formations.html).
Ces frais ont couvert la création de 2 emplois temps plein chez la start up à Roubaix, et la gestion d’un site web performant, la communication communautarisée et tous frais relatifs à un projet de cet envergure. La PME partenaire n’est cependant pas bénéficiaire à ce jour (perte en 2015). En 2016, il a été décidé de modifier le modèle de slow-cosmetique.com pour lui permettre de survivre. C’est ce qui explique la communautarisation des expéditions et de la livraison à partir de septembre 2016. Nous espérons vivement que le site slow-cosmetique.com sera un grand succès commercial en 2016. Pourquoi ? Parce qu’il nous verse un don semestriel, don qui permet à notre Association de continuer à exister d’une part, et parce que les moyens dégagés nous permettent de communiquer, de sensibiliser et de poursuivre la promotion d’une cosmétique plus naturelle et raisonnable.

3. “La mise en avant de leur mention comme "seule" mention valable (NL de juillet)”

Nous n’avons jamais écrit que la Mention Slow Cosmétique était la seule Mention valable. Nous soutenons d’ailleurs fortement la Mention Nature et Progrès, ainsi que les labels Cosmébio ou Ecogarantie. Il suffit de lire toute notre littérature à ce propos. Par contre, nous soulignons souvent que la Mention Slow Cosmétique est la seule récompense à s’intéresser non seulement à la formule mais aussi au modèle marketing de la marque (sorties et vies des produits, rythme des sorties, assortiment et publicité, prix du fournisseur) qui se doit d’être en phase avec notre charte qui est ici https://www.slow-cosmetique.org/association/quest-ce-que-la-slow-cosmetique/ (bas de page). C’est ce qui explique par exemple pourquoi des marques comme (... nom des marques supprimées à leur demande)  par exemple, malgré leur formulation qualitative, n’ont pas pu être félicitées jusqu’ici.

4) “Saponification à froid d'ailleurs rendu populaire par la Slow ! Ah bon ? “ (Article Tout savoir sur les savons à froid)

Cette phrase sous entend que la Slow Cosmétique n’a pas contribué à rendre le savon à froid populaire. La Slow Cosmétique a bel et bien contribué fortement à rendre populaire le savon à froid, en le conseillant sans cesse en remplacement du gel douche notamment (voir chroniques de Julien Kaibeck en vidéo ou par écrit et son livre “Adoptez la Slow Cosmétique" en 2012).
De nombreux savonniers à froid peuvent témoigner : aujourd’hui, l’Association Slow Cosmétique a félicité plus de 40 savonniers à froid qui sont tous heureux de porter la Mention Slow Cosmétique. 
Autre preuve de notre affinité pour la SAF, le site slow-cosmetique.com est le site internet francophone proposant le plus large de choix de savons à froid avec un peu plus de 300 savons à froid en vente en direct du producteur.

5)  “Pour moi, une association ne doit pas se faire d'argent autre que celui lui permettant de bien fonctionner.”
Cette phrase sous-entend que l’Association “se fait de l’argent” autre que pour son fonctionnement. Cela n’est pas correct. L’Association utilise tout l’argent perçu (dons des marques et dons de slow-cosmetique.com + vente de livres ou formations et conférences) pour son objet social qui est la promotion de la Slow Cosmétique et le militantisme pour une cosmétiques plus écologique et honnête. Les comptes de l’Association sont remis annuellement au tribunal de Commerce du Hainaut, siège de l’Association. L’Association est heureuse de pouvoir créer à partir du 20/09 prochain son premier emploi rémunéré à temps partiel !  Elle espère évidemment à terme grandir encore et pouvoir engager d’autres salariés, et elle remercie vivement ses bénévoles qui l’aident jusqu’ici dans son travail éthique et humain.


Constance Sycinski, coordinatrice
Julien Kaibeck, Président pour
L'équipe de la Slow Cosmétique AISBL"


9 commentaires:

  1. Je suis tout à fait de ton avis. La mention Slow Cosmétique aurait d'ailleurs tendance à me faire fuire.
    Sans compter le personnage...très imbu de lui-même !
    L'idée de départ n'était pas mauvaise mais l'utilisation est plus que discutable.
    Je sent que ton article ne va pas te faire que des ami(e)s...

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  2. Aaaah enfin une personne qui ose dire ce qu'elle pense !
    Pour moi, l'image que véhicule la slow cosmétique avec, à sa tête, Julien Kaibeck, s'apparente à une sorte de "secte" qui suivent quasi aveuglement ses dires ...
    Comme dit Delphine, l'idée de départ est pas mal ...
    Des bisous

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  3. Je suis tout à fait d'accord, j'ai vu depuis un moment la slow passer du côté obscure du marketing et effectivement beaucoup de fausses informations qui ne me conviennent pas, pas assez précis pour moi au niveau des conseils, bref je reste sur mes élémentaires et principes de bonnes pratiques de la cosmétique maison (passionbio)

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  4. Marie-Hélène Carret7 septembre 2016 à 12:18

    Idem, déjà rien que baser son marketing sur le dénigrement systématique des marques conventionnelles en ne connaissant pas grand chose sur le plan formulation et biologie-physiologie clinique, en ne connaissant visiblement rien des process qualité et règlementaires, c'est léger ! Pour la SAF, pas mal de bêtises aussi : les savons 100% naturel ! Ah bon ! JK ne comprend rien aux INCI -> par ex cocaote sodium (ou tous les AG saponifiés) ont l'ion Na qui provient de la soude NaOH qui est bien sûr une soude de synthèse . La glycérine est elle-même formée en partie des ions OH qui proviennent de cette soude de synthèse. Qu'on m'explique comment un mouvement qui passe son temps à lutter contre le greenwashing autorise ceci. Même âneries pour la biodégradabilité, un allégation marketing doit être vérifiée, il existe des normes et des process. On ne peut pas dire n'importe quoi pour vendre ou faire plaisir aux consommateurs!

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  5. Bravo pour l'article, je n'ai jamais rien acheté d'ailleurs. Effectivement, très bonne idée à la base. Je n'ajoute rien de plus, tout est déjà dit dans les commentaires auxquels j'adhère.

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  6. Ca fait bien longtemps que je pense la même chose.
    Cette slow cosmétique là ne m'intéresse pas du tout. Autant le principe de base était super autant ça devient du n'importe quoi.

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  7. Bonjour Lilith,
    Comme tu as du t'en rendre compte dans ta boîte mail, nous t'avons envoyé un courriel ce jour en te demandant d'établir un contact et de publier notre droit de réponse. Nous restons à ta disposition
    Constance Sycinski et Julien Kaibeck pour l'Association Slow Cosmétique (slow-cosmetique.org).

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  8. Je suis loin de tout connaître de la slow, vraiment très loin, même si ma pratique de la cosmétique s'en approche fortement : keep it simple and stupid (KISS) est un "modus operandi" que j'applique en bien des domaines (ce qui ne m'empêche pas d'utiliser de temps en temps des produits plus élaborés, que je fais moi-même lorsque l'envie m'en prend, ou que j'achète tout fait à une marque la plus clean possible).

    Ceci étant, le peu que j'ai pu voir (vidéos) ou lire sur la slow m'a semblé trop aproximatif (tout ce que tu décris dans ton article) pour me donner envie de m'y intéresser de plus près. C'est peut-être un tord, peut-être pas, mais là n'est pas la question.

    Et enfin, il y a une chose que l'on ne peut vraiment pas te retirer, c'est ta rigueur. Et cette rigueur est un gage de qualité. CQFD.

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