lundi 19 décembre 2016

Histoire des Cosmétiques : Les Matières Premières colorantes de l'Antiquité Romaine.


Grâce à la fois aux sources littéraires et au matériel archéologique, nous avons une bonne vision globale de la composition et des différentes recettes utilisées durant l'Antiquité romaine.


Le laboratoire de recherche et de restauration des Musées de France a notamment mené des études afin de caractériser des "résidus" et réalisé des recherches sur la chimie de produits tel des parfums, onguents, fards qui ont été préservés du passage du temps.



Parlons des colorants.. pour les fards.

Des ingrédients végétaux, minéraux et animaux. 

Concernant les fards, la base se composaient de trois couleurs :

  • Le blanc
  • Le rouge
  • Le noir 
On obtenait des nuances grâce à différents éléments. 

Le Blanc : la céruse, utilisée pour son pouvoir couvrant, base pour unifier le teint. 
Elle était réalisée à base de plomb, et fut utilisée jusqu'à récemment.
Sa fabrication est la suivante : " Attaque chimique du plomb métallique par les vapeurs d'acide acétique issues du vinaigre ; transformation en carbonate dans un milieu en fermentation, puis broyage et parfois mise en pastille de la poudre obtenue" 
La controverse existait déjà à l'époque : si Pline en faisait le matière la plus douce de toute pour le teint, il était conscient que c'était un poison en interne. À l'opposé, Galien l'accusait d'être responsable de tâches sur le visage des femmes. 
On utilisait aussi parfois des éléments minéraux comme des terres (argiles type kaolin) ou craie (carbonate de calcium).
En 2003, a été découvert, en Angleterre, un pot datant du IIè siècle, contenant une "crème blanche" plutôt bien conservée. L'analyse a révélé 3 composants majeurs : de la graisse animale, de l'amidon et de l'étain. 

Le Rouge : Obtenu à partir de différentes poudres  végétales, type orcanette, minérales type oxyde de fer, ou jus de fruits rouges, il était appliqué sur les lèvres et les joues.

Le Noir : Utilisé pour les yeux et les sourcils il était obtenu à partir de matières végétales, comme d'après Pline, de la cendre de dattes additionnée de nard ; de matières minérales comme le sulfure d'ammonium. Étaient parfois utilisées des matières animales, comme encore citées par Pline, de la "fiente de chèvre, des mouches pilées, vers de terre, blanc d'oeuf et gomme ammoniaque"

Les nuances 

Le rose 
Il pouvait s'agir de : pétales de roses séchées, de vermillon (= sulfure de mercure) mélangé avec du blanc, d'hématite (Oxyde de fer) ou d'ocres et pigments blancs. 
Parfois il s'agit d'une matière synthétique type alunite (composée d'aluminium) + matières colorantes principalement végétales. 


Et les cheveux ? 


La mode au blond ? 
Au début du 3ème siècle, il fallait donc être blond. Les cheveux étaient donc décolorés au moyen d'un savon caustique, éclaircis avec du safran, de la lysimaque.. 
Pour les autres couleurs, on utilisait le millpertuis (vers le noir) le brou de noix, les feuilles de henné pilées dans du jus de coing, des pelures de poireau cuites, la lie de vin.. 






La teinture au plomb 

Pour noircir les cheveux était utilisée la composition suivante  : " L'oxyde de plomb et la chaux éteinte était mélangés à un peu d'eau pour former une pâte qui noircissait la chevelure après de multiples applications" 
Cette coloration imprégnait toute la fibre du cheveu, progressivement. La teinture va en fait se substituer à la mélanine du cheveu.




Alors, envie de réaliser vos cosmétiques "romains" ?

A bientôt pour la suite ! 
Charlie 

(N'hésitez pas à me rejoindre sur ma page Facebook "Lilith Cosmétiques") 

4 commentaires:

  1. Ben non ça donne pas envie lol je préfère mon maquillage minéral ☺

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  2. Waou ! Et ben dis donc... C'était déjà bien agressif pour la santé tout ça...
    Bisous

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