vendredi 17 mars 2017

Comment et pourquoi j'ai arrêté de manger de la viande




En fait, je n'ai jamais mangé beaucoup de viande.
Pour différentes raisons.

Déjà, je n'ai jamais été particulièrement fan.

Enfant, j'ai même refusé d'en manger pendant des mois.

Je me souviens qu'une personne de mon entourage avait fait une remarque comparative entre un enfant et un veau, et ça m'a fait comme un choc.
Et d'un coup, la viande, j'y voyais un mort.


Le problème c'est que j'étais très jeune, et que sous la pression, j'ai accepté d'en remanger.
Pas toujours.
Mais quand votre médecin vient vous voir et vous explique que vous êtes malade et fatiguée parce que vous ne mangez pas de viande, parce que  :
" Les briques ne peuvent pas tenir sans ciment " 
(phrase exacte, ça m'a marqué) ; que vos parents insistent..
Difficile.

Reste que j'ai toujours limité cette consommation.
Quand je suis partie de chez mes parents, cuisiner de la viande était exceptionnel.
Fondamentalement, ce n'était pas un besoin pour moi.
Quand j'ai emménagé avec mon conjoint, je n'ai pas changé.
Il y avait un peu de jambon à la maison, et je devais faire de la viande une fois par mois.
J'en mangeais à l'extérieur, quand on m'en servait.

Vous avez sans doute - difficile de faire autrement - entendu parler du scandale des abattoirs, dénoncé par L214.



En octobre 2015 est parue la vidéo sur l'abattoir d'Alès. 
Au début, je n'ai pas voulu la regarder.
Puis..
J'ai cru vomir.
Je n'ai pas pu passer pendant des semaines à proximité des rayons viandes dans les supermarchés sans avoir la nausée.
Du jour du visionnage de la vidéo, je n'ai plus pu avaler un morceau de viande.
Là où certains voient de la nourriture, je vois un cadavre.
Je n'empêche pas mon conjoint d'en manger, mais je n'en fais plus.

Pour éviter de trop perturber mon entourage, je n'ai pas arrêté de suite le poisson.


Certaines personnes ont compris, d'autre non.
Mon conjoint respecte mes convictions. On ne s'impose rien.
Certains m'ont invité à une choucroute sans pommes de terre (:p) et à un poulet rôti (toujours sans pommes de terre ;) )
Evidemment, je ne demande pas que l'on me "cuisine" autre chose, mais disons que j'apprécie que l'accompagnement ne soit pas minime, histoire de ne pas sortir de table le ventre vide.

Je ne parle pas des questionnements :
"Pourquoi ? N'importe quoi."
"Pas de poulet non plus ?"
"Et le cri des légumes, tu ne l'entends pas ?"
"L'animal est fait pour être mangé"

J'en passe et des meilleurs. J'avoue que pour la dernière, je suis restée sous le choc. Bouche bée.

Peu importe les arguments :

  • La souffrance animale ; 
  • L'impact écologique de l'élevage intensif ; 
  • Le fait que nous n'avons pas besoin de manger de viande ; 
  • La santé
  • La "qualité" avec des animaux nourris aux OGM, antibiotiques... 
  • ... 

Aujourd'hui, je me contente de conclure que c'est MON CHOIX.
Je ne l'impose pas. Je demande juste qu'on le respecte.
Il me permet d'être en accord avec moi-même, et tant pis -pour vous- si vous ne l'êtes pas.




La chance que nous avons aujourd'hui c'est que le veganisme-végétarisme-végétalisme se développe de plus en plus et que l'on peut trouver des trucs sympas en remplacement..
Même en supermarché.
Ainsi, certaines marques proposent maintenant des protéines de blé ou de soja cuisiné.

Par exemple, la marque Céréal propose la gamme "Grill végétal" avec des escalopes de soja et blé, des nuggets soja et blé, des "steacks façon burger",  des cordons bleu vegan, des émincés de soja et blé.
La marque SojaSun propose différents steacks végétaux, ainsi que des hachés et boulettes de soja/tomates.
Herta s'est aussi lancé dans l'aventure, avec la gamme "le Bon végétal" ; leurs boulettes de soja et blé sont excellentes, ainsi que les émincés de soja et blé grillés.

Attention pour les vegan, il y a parfois du fromage par exemple dans ces gammes.

Illustration de CannibaNouk
Grace à ces produits, j'ai pu varier notre alimentation et aller vers une suppression totale du poisson ; c'est passé plus facilement auprès de mon conjoint, par exemple, qui se voit imposer à la maison une alimentation végétarienne.

On a fortement tendance à oublier que le poisson est un être vivant, qu'il ressent aussi la peur, la souffrance..
J'en ai mangé provisoirement en extérieur, pour laisser le temps à mon entourage de se faire à l'idée, notamment pour les personnes qui cherchaient toujours à me faire des aliments de remplacement et que ça angoisse un peu.
Puis c'est devenu de plus en plus difficile.
Alors j'ai arrêté.
Plus de viande, plus de poisson.
Et je me sens mieux.
C'est plus compliqué à comprendre pour l'entourage, qui cherche à remplacer.. mais je ne demande rien :)
Difficile de comprendre que je peux tout à fait me contenter et que j'aime même me contenter de ce qu'ils perçoivent comme "l'accompagnement".

J'ai préféré faire les choses progressivement plutôt que de tout arrêter d'un coup et que ce soit difficile.
Là, c'est passé comme une lettre à la poste.
Pas une fois je n'ai ressenti de manque ou d'envie.
Parce que cette dissociation que l'on a tous fait (ou presque) à un moment ou un autre entre le steack et l'animal ne se fait plus.
L'idée de manger un animal me donne juste la nausée.

Que l'on tue un être vivant, un être sensible, pour quelque chose dont je n'ai même pas besoin physiquement ?

Bref, j'ai arrêté de manger de la chair.


Je reviendrai plus tard sur le reste de mon alimentation.. (Les produits laitiers, par exemple !)

Alors et vous, viande ou pas viande ?

A bientôt,

Charlie





*Antispécisme : L'espèce à laquelle appartient un être vivant n'est pas un critère permettant de décider comment le traiter ou le considérer. 

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