Dissonance cognitive : le Paradoxe de la viande.




Ça fait un petit moment que j'ai envie de revenir sur ce point, car plus le temps passe plus cette théorie "prend consistance" dans mon esprit. 

Voici quelques explications :

La théorie de la dissonance cognitive est une théorie de psychologie sociale
Elle a été élaborée par Leon Festinger en 1957. 
Pour lui, l'individu change ses opinions, croyances, en fonction de son comportement.

En gros, nous cherchons à justifier des comportements après coup, afin d'être cohérent. 

La cognition renvoie à "l'ensemble des processus psychiques liés à l'esprit". 

Une pensée par exemple est une cognition. 
Une dissonance cognitive est une contradiction entre deux pensées. 
Lorsque des pensées entrent en dissonance, cela créé un inconfort. 
L'humain, qui ne supporte pas cet inconfort, va donc agir de manière à mettre en accord ces deux pensées. 


C'est là qu'intervient la théorie du paradoxe de la viande. 

Pour faire simple : 
Pensée 1 : J'aime les animaux, je ne veux pas qu'ils souffrent
Pensée 2 : Je mangerais bien un steak. 

Ces deux pensées sont en dissonance. 
Donc, cela créé un inconfort, qu'il faut supprimer. 

Pour cela, la plupart du temps, on arrive à se convaincre que l'animal ne souffre pas. 
Là où nous sommes très forts, c'est que l'on arrive même à dissocier "la viande", de "l'animal". 
Comme si ce que l'on avait dans notre assiette n'avait aucun rapport avec l'être vivant. 
La vache devient le boeuf (terme de boucherie : viande bovine) et le cadavre devient la viande. 
Babe le cochon devient du saucisson, du jambon.. 
Ce n'est plus un animal, un être vivant, sentient*. 



Et voilà, plus d'inconfort. 
C'est ce fonctionnement qui fait que l'on trouve tous les arguments possibles et imaginables au fait de consommer des produits animaux. 

* C'est pour ma santé 
* On a toujours mangé de la viande
* Le lion chasse l'antilope ! 
* Tout le monde en consomme
* L'animal ne souffre pas, je connais de super éleveurs. 
Bref, tout ce qui nous permettra de nous sentir mieux.

Bien sur, rien de cela n'est conscient. 
En gros, il y a réinterprétation ou de l'information de base ou du comportement. 

Une autre solution pour supprimer cet inconfort est de changer de comportement. 
Mais cette solution, cesser de consommer de la viande, est la plus difficile. 

Notamment parce que tout est fait autour de nous pour que la "prise de conscience" ne se fasse pas. 
L'industrie agro-alimentaire, les médecins, notre entourage, notre éducation... font que "manger de la viande" est la normalité. 
Donc, comme cela est normal et naturel, il faut continuer. 

On pousse même jusqu'à nous imposer l'idée que l'animal est heureux de mourir pour être mangé. 

Moby - Clip - In this Cold Place 

Donc, ce paradoxe reste "consistant". 

Le truc, c'est que lorsque l'on prend enfin conscience de cela, que l'on arrive à ouvrir les yeux, on ne les ferme plus. 
Ce qu'il faut c'est ce déclic. 
Comprendre que ce qu'il y a dans notre assiette, c'est un cadavre d'un animal. 
Cela vous semble violent ? Peut être, et pourtant, c'est une réalité. 

Ces pensées font chemin dans notre esprit. 
Et plus le chemin se fait, plus il est difficile de comprendre le fait de consommer des produits animaux. 
Parce que lorsque l'on aime un animal, on l'aime vivant. Pas dans son assiette. 
C'est un individu. Une personne non humaine, un être sentient. 
Regardez une vache dans les yeux, et voyez.




Voici une vidéo qui explique très bien le Paradoxe de la Viande



A lire si vous souhaitez en savoir plus : 
* Voir son steak comme un animal mort de M. Gibert 

* être sentient : "un être sentient est un être subjectivement conscient ; un être qui possède des intérêts ; c’est-à-dire un être qui a des préférences, des désirs, une volonté"

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