Ma vie d'entrepreneuse, Episode 7 : l'argent



Il faut être honnête.
En France, on aime pas parler d'argent.
Il ne faut pas dire combien on gagne, il faut travailler pour la gloire, et c'est mal d'en avoir.

Cela étant, j'avais envie de revenir sur le sujet, parce que lorsque l'on s'installe, c'est important.

Il y a des choses à prendre en compte, notamment lorsque l'on est en auto-entreprise.
Lorsque j'ai décidé d'ouvrir, je savais que cela allait être difficile, et que je ne pourrais pas me payer.
On avait calculé, avec mon homme, que du fait de ne pas avoir de loyer, on devrait s'en sortir.



La sortie, c'est par là !

Le truc, c'est qu'au lendemain de mon inauguration, j'ai reçu un joli courrier m'informant qu'il me fallait quitter mon logement (Merci Maman).
Nous avons gagné quelques mois, et finalement nous partons le 1er décembre.
(et rien n'est prêt)

Il a fallu revoir tout le budget et s'est présentée l'impossibilité de payer un loyer.
Et oui, une fois réglé les charges, les crédits, et la nourriture...
Il ne restait plus rien.
Du coup, on a retourné la situation dans tous les sens, envisagé de vendre une voiture, ce qui en habitant à la campagne, nous aurait rendu la vie extrêmement difficile.

J'ai donc réalisé des simulations  à la CAF.
(En long, en large, en travers...)

Sauf que :

En auto-entreprise, vous déclarez votre Chiffre d'Affaire.
Et si mon chiffre d'affaire ferait un bon salaire mensuel, il n'est en rien un salaire puisque je ne me verse pas un centime.
Donc, APL, prime d'activité, et autres machins qui changent de nom tous les 6 mois, au revoir.
Pourtant, on rentre bien dans les cases, si on prend le seul salaire de mon conjoint.
Mais non.

Lorsque j'ai essayé de réaliser des démarches directement auprès de la CAF.
Qui au passage ne donne pas de rdv sans demander pourquoi vous voulez un RDV et si vous rentrez pas dans les cases... on ne vous donne pas de rdv.
Je suis donc tombée sur un os.
Ouep, la CAF, c'est n'importe quoi  chouette.

La CAF, ils vous demandent votre déclaration d'impôts deux ans en arrière.
Très adapté à votre situation actuelle.
Donc vous expliquez que les choses ont changé et on vous répond que vous n'avez qu'à réessayer l'année prochaine (véridique, hein).
Et quand vous dites : "Je ne comprends pas, je ne paie pas d'impôt, preuve de petit revenu quand même, donc pourquoi je n'ai pas droit aux APL ?"
On vous répond : " Ça n'a rien à voir avec le fait de payer des impôts ou non". 

Ok, donc expliquez-moi, avec quoi cela à à voir ? Les impôts, c'est sur le revenu non ?
Les aides, c'est par rapport aux revenus non ? Quelque chose m'échappe...

Bref, tout ça pour dire une chose : l'auto-entreprise, c'est bien quand on commence.
Mais c'est quand même à réfléchir.
Parce que derrière, comme c'est votre chiffre d'affaire qui est pris en compte, et pas un hypothétique salaire, si vous n'avez pas assez pour vous payer, personne ne vous aidera.
Et, bien évidemment, quand vous ferez un peu de bénéfice, et que vous pourrez envisager de vous verser un tout petit peu d'argent, il faudra d'abord penser à payer le RSI.
(RSI, on t'aime... Ah non, je ne vous ai pas parlé du RSI encore ?)


Aujourd'hui, entre mes charges et frais que je ne peux pas déduire, de la TVA et de tout le tralala, j'envisage sérieusement de changer de statut.
Certes mon CA est petit, mais au vu du rapport entre recettes/dépenses, la question se pose.
En plus, les déclarations "personnelles" sont différentes (variables selon si salaire ou non et les statuts) et je pourrais potentiellement demander des aides sociales pour nous aider à payer un loyer...
J'aime pas ça, mais on a pas toujours d'autre solution.

Le choix de votre statut est donc très important.
On a tendance à regarder que du côté de l'entreprise : quels impôts, quelles charges, mais il faut vraiment prendre en compte votre situation personnelle.
Pensez que vous ne pourrez pas vous payer pendant un moment, sauf si vous démarrez à fond, et je vous le souhaite.
Ça peut prendre plus ou moins de temps.
Mais à côté de ça, les charges sont toujours là, il faut manger, et... payer des impôts sur de l'argent que vous ne touchez pas.




Bref, bonne chance... 
Et... Bon courage !
A bientôt,
Charlie 



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