Je suis vegan et... Je ne suis pas un zombie. Promis.


En ce moment, certains s'amusent, pour faire le buzz, et ce même dans les journaux dit sérieux, (mais pourquoi ça marche autant de parler de veganisme ? On dirait un aimant à troll, c'est fou) à passer entre deux jours et une semaine en mode pseudo "vegan".

Et on voit un journaliste en manque d'inspiration, expliquer à quel point c'est dur de se passer de sa côte de boeuf, de ses sushis ou de son beurre à tartiner, à quel point il a faim et surtout comme il est fatigué.
Le gars, il a des carences en une semaine. 
Limite on se demande comment il est encore vivant au bout de 7 jours. 


Alors, amis journalistes...

Quelques petits points tout simples pour vous aider dans votre expérience si intense.

*Avant d'écrire, revoyez la définition de veganisme. Non, c'est usant de lire tout et n'importe quoi et ça vous fait franchement perdre en légitimité de même pas comprendre le concept de base. 
Bon d'accord, ça fait vendre, je comprends (ou pas).

* Donc on arrête de mélanger végétalien, végétarien, vegan, antispéciste, et tout le tralala. Et non, un végétarien ne mange pas de poisson (juste pour dire)

*Le veganisme, ce n'est pas uniquement ce que vous allez avaler. Sinon, on parle de végétalisme. 

*Derrière ce "mode de vie" il y a une pensée, une reflexion, une vraie motivation. C'est sur que si fondamentalement vous n'en avez rien à fiche des animaux, vous n'allez pas passer une bonne semaine. Parce que la motivation, vous ne l'avez pas. 

*Un vegan ne mange pas juste des légumes. Si vous mangez de la salade, voir du quinoa et trois endives qui se battent en duel pendant une semaine, pas étonnant que vous ayez faim. 

*Un vegan équilibre son alimentation. Se renseigne. Varie. Mange des tas de choses. Si si, promis. Bon y'a des gens qui font n'importe quoi, comme partout, mais ce n'est pas une généralité. 

*Un vegan n'est pas un écolo. Enfin il peut l'être. Mais ce n'est pas son postulat de base. Un vegan l'est pour les animaux. 


*Il n'y a pas de secte vegane. Sérieux. Moi quand on me dit ça, je cherche le gourou. (Quelqu'un l'a vu ?)

*Non, le veganisme n'est pas un anti-humanisme. L'homme est un animal (et oui !) et donc... Se battre pour les animaux, ou en tout cas refuser leur exploitation n'est pas ignorer la misère humaine. 

*Arrêtez de chercher la faille. Sérieusement, on dirait qu'un vegan doit être parfait : ne pas consommer de produits issus de l'exploitation animale, ne pas consommer de produits polluants, ne pas consommer de ci, de ça. Sachez quand même, que beaucoup de vegans sont dans une démarche globale, parce que les animaux souffrent de l'état de la planète.  
Et donc : alimentation éthique autant que possible, zéro déchet, consommation raisonnée... 
Et même si ce n'est pas le cas, personne n'a dit que cela devait l'être. 

Sinon, je ne suis pas un zombie. 
Bon, oui, j'ai fait une transition dans mon chemin vers le veganisme. 
Mais je ne suis pas devenue toute maigre (d'ailleurs, j'ai pas perdu un gramme, et ça craint), je ne perds pas mes cheveux, ni mes dents, et mes cernes sont uniquement dues à mes heures de travail et à l'absence de vacances.
Mes analyses sont bonnes. Je vais bien. Globalement, je me sens même mieux. Je ne me sens pas en manque. L'idée de remanger des produits animaux me donne juste envie de vomir. 
Je n'ai JAMAIS eu faim. Je mange varié, et même mieux qu'avant. 
Mon mode de vie n'est pas mon sujet principal de conversation à table. 
Je l'évite même, parce que c'est fatiguant d'entendre toujours les mêmes commentaires. 
Je n'impose pas mon régime alimentaire. Je propose d'amener mon repas, ou alors, je mange ce qu'il m'est possible de manger. Je ne demande rien.
Pourtant, bizarrement, il y a eu un gros tri dans mon entourage. 
Ou est l'intolérance ? 

Le veganisme n'est pas une mode. Sauf pour les journaux. Parce que ça fait parler, ça donne un truc sur lequel se concentrer au lieu de parler de ce qui va mal. 
Parce que ça permets aux trolls de se réunir et de venir dire "je vais m'acheter mon steak/me griller une côte de boeuf sur le barbecue/bouffer du foie gras" ou d'insulter les gens gratuitement, et ça, c'est vraiment cool. 
D'appeler au meurtre sans même que ça choque qui que ce soit. 
De sortir tous les mots comme fascistes, nazis, extrémistes, sectes, et tout le tralala, histoire de nous permettre une collection de point Godwin. 


Parce que les gens s'accrochent à ce qu'ils pensent être leur sacro-sainte liberté, et pensent nous la lancer en pleine poire, sans penser à celle des autres (oui les animaux!) et sans se rendre compte qu'ils s'accrochent surtout à leurs petits plaisirs égoïstes. 

"Moi j'aime la viande, c'est trop bon, je fais ce que je veux". 
Parce que rien ne vaut un bon steack bien dégoulinant de jus -de sang-
(Non, ce n'est pas un argument)

Comme si venir le mettre sous le nez de vegans était une victoire. 

En vérité, il n'y a même plus besoin de lire ces articles de journaux en manque de commentaires sur les réseaux sociaux. La recette est toujours la même : titre bien racoleur, définitions tronquées voir totalement fausses, vision de fans de viande contre "bouffeurs de salade et de cailloux" pour en finir par -tenter- de pointer du doigts les faiblesses du veganisme alors qu'on a juste pas fait de recherches avant d'écrire son article. 

Et, dites, on apprends pas à se renseigner avant d'écrire à l'école de journalisme ? 

Aller, je retourne à mes occupations, en espérant pas m'évanouir à cause de mes carences ! 



Bonne journée, 
Charlie 


PS : Il existe un truc sympa, pour les fana du beurre : la margarine végétale, et sans palme ! 







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