La Norme Iso 16128










La cosmétique bio/naturelle étant en plein essor et devenant un sujet économique évident, l'Organisation Internationale de Normalisation s'est penchée sur le sujet.
Experts, industriels, labels se sont réunis autour de ce problème, afin de définir une terminologie commune pour les ingrédients biologique, naturels...
Ainsi, une nouvelle norme ISO a été publiée.
Il s'agit de la norme ISO 16128.
Je ne l'ai pas eu en main : j'avoue ne pas avoir spécialement envie de dépenser des sous pour l'obtenir.
Cependant, les critiques s'élèvent contre cette norme.



Voici pourquoi. 

Comme dit précédemment, cette norme définit une terminologie commune aux ingrédients.
La première partie de cette norme est parue il y a deux ans. 
Elle distingue 4 catégorie d'ingrédients :  biologique, dérivé biologique, naturel et dérivé naturel.
La seconde partie, tout juste parue, permet de calculer les "indices" selon les catégories dans les produits. 

La norme ISO n'est pas un label. 
Elle ne qualifie pas un produit. 

Cependant, elle permettra à un fabricant de dire "contient selon la norme ISO X% d'ingrédients naturels".
Et ça, autant c'est plutôt bien pour les petits artisans ou producteurs ne pouvant ou ne souhaitant pas payer un label, autant cela risque de poser problème...
En effet, en indiquant une part d'ingrédient naturel, ou bio, il y a un risque de tromperie du consommateur. 

Et pour cause : n'ayant pas vocation de label, la norme ISO ne définit pas de "liste noire" ou d'interdiction d'ingrédients.

Ainsi, un produit contenant des ingrédients controversés, mais aussi des ingrédients bio et/ou naturels pourra revendiquer la présence de ces derniers. 

Et mettre en gros sur une étiquette par ailleurs illisible pour le consommateur 
"contient 65 % d'ingrédients bio selon la norme ISO 16128" et indiquer dans l'INCI du phenoxyéthanol, des ingrédients polluants/dangereux...
(Par contre, contrairement à certains propos qui circulent, les OGM ne sont pas autorisés dans l'Union Européenne ; en fait, ils sont autorisé dans les cosmétiques, lorsqu'ils sont autorisés dans les pays ; comme ils ne sont pas autorisés en UE...)

Mais le consommateur, lui, rassuré par la mention achètera sans se poser de question.
C'est une forme de greenwashing institutionnalisé ! 
En bref, une utilisation marketing possible, et des dérives qui inquiètent, au point qu'une interprétation a été demandé par ECOCERT à la DGCCRF.




Ce qui pose donc problème, n'est pas la norme en elle même : comme dit plus haut, ce n'est pas un label. 
Elle n'a pas vocation à qualifier un produit mais ses ingrédients.
Le souci est son utilisation, qui sera très surement détournée à des fins marketing, rendant encore plus compliqué l'interprétation d'une étiquette par le consommateur.


En conclusion : soyez prudents dans vos achats ! 
A bientôt, 
Charlie 

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