Les animaux des cirques



24 Novembre 2017, fin d'après midi.
Mevy prend la fuite.
Elle quitte sa cage, et s'enfonce dans le 15ème arrondissement de Paris.
Il y a du bruit.
Du monde.
Elle a peur.
Elle est déboussolée.
Elle fuit.
Elle fait quelques centaines de mètres.
Stoppe au bout d'une passerelle.
Son geôlier est là.
Des inconnus la fixent.
Certains filment.
Un coup de feu retentit.
Pour Mevy, c'est la fin.
Elle est abattue.

Mevy avait 18 mois. C'était une tigresse du cirque Bormann.
Elle n'a connu que la captivité, à part pendant ces quelques minutes.
Sa vie, c'était une cage.
Des spectacles.
Des acrobaties et des applaudissements.
L'attente.
L'ennui.
Les voyages, l'itinérance.
Enfermement et esclavage, pour notre divertissement.

@Badger's Burrow

Le cas des animaux dans les cirques pose de plus en plus de question et l'histoire de Mevy l'a ramené sur le devant de la scène.

Les défenseurs des animaux s'opposent aux circassiens qui jurent que leurs animaux sont heureux.
Les échanges sont houleux.

Mais un animal sauvage ne peut être heureux en cage.

Selon l’Association vétérinaire britannique (BVA), « Le bien-être des animaux sauvages non domestiqués ne peut pas exister dans le monde des cirques ambulants, en particulier pour ce qui est de l’habitat et de la capacité d’exprimer un comportement naturel ». En d’autres termes, les animaux contraints de faire des numéros souffriront toujours, et la seule option envisageable serait d’interdire qu’ils puissent vivre dans des cirques. (PETA)
"Les animaux sociaux, comme les éléphants et la plupart des herbivores, sont astreints à vivre en solitaire, tandis que les animaux solitaires comme les tigres doivent composer avec une vie de groupe. D’autre part les cirques n’offrent pas aux animaux captifs d’enrichissement de leur milieu, qui leur permettrait d’exprimer leurs comportements naturels. Cette privation sensorielle se traduit par des troubles du comportement, dont les plus détectables sont les stéréotypies, définies comme des séquences comportementales incongrues, répétitives et sans signal d’arrêt. (...) tous ces signes et tant d’autres traduisent des troubles du comportement qu’il est d’usage d’assimiler à la psychose chez l’homme – autant dire à une perte de la capacité à appréhender le réel." (CirquesdeFrance)

@Roger Olmos 

De plus, des anciens dresseurs le disent.
Le dresseur n'est pas là pour être "gentil".
Il dresse.
"Et des gardiens de prison, des bourreaux gentils, vous en connaissez ? 
Il faut être clair : la cruauté naît avec le dresseur." Vladimir Deriabkine, ancien dresseur d'ours.
On prive l'animal de nourriture pour obtenir de lui que l'on fasse ce que l'on veut, en plus des coups.
L'idée est simple : l'animal doit avoir plus peur de la souffrance engendrée par la punition que par l'acte qu'on lui demande de réaliser..

Captivité, dressage... L'animal est plié, soumis.
Psychologiquement et physiquement affaibli.
Il ne peut adopter aucun de ses comportements naturels.
Les conséquences sont nombreuses :
=> La folie, avec des stéréotypies, comme "le léchage des parois de sa cage (primates, fauves…), le balancement d'une patte sur l'autre (éléphants, hippopotames…), les allers-retours incessants (félins), dodelinement de la tête (éléphants, ours…), les automutilations (primates, perroquets), etc." CirquesdeFrance)
=> La fuite comme dans le cas de Mevy
=> L'attaque du dresseur ou d'autres humains.

Cette frustration, cette soumission de l'animal, entrainera forcément des conséquences.
Pour des animaux sauvages potentiellement dangereux, elle aura toujours pour conséquence la mort.
A partir du moment où le dominé devient le dominant (dans le cas d'attaque du dresseur) ou tout simplement prend la fuite, et donc se rebelle, la seule conséquence est la mort.
Parce que l'animal recommencera, et que le dresseur n'est plus le dominant, même après des années de domptage violent.




Une vie de misère, pour une mort tout aussi misérable.

Aujourd'hui, encore plus qu'hier, la présence des animaux dans les cirques n'a plus aucune raison d'être.
Pire, nous en sommes tous conscients.

Des nombreux pays et villes ont interdit aux cirques possédant des animaux de se produire.
Des lois ont été votées.
Des pays comme l'Autriche, la Belgique, la Bolivie, la Bulgarie, Chypre, le Costa Rica, la Croatie, le Danemark, l'Estonie,la Finlande, la Grèce, le Guatemala, la Hongrie, l'Inde, l'Irlande, Israël, l'Italie, la Lettonie, le Liban, Malte, le Mexique, les Pays-Bas, le Pérou, le Portugal, la Roumanie, Singapour, la Slovénie et la Suède ont légiféré contre la présence d'animaux dans les cirques.

Et pourtant, la France est toujours à la traine, seules une soixantaine de villes ayant pris cette décision.

La seule raison est monétaire.
Pour les cirques, c'est un revenu en plus.
Les animaux, une partie de leur gagne pain.
Il s'agit d'argent.
Je ne dis pas qu'il n'y a pas une sorte d'affection malsaine - malsaine parce que dans une relation de domination où l'un tente de briser l'autre, la relation ne peut être qualifiée de saine - mais l'animal reste avant tout un moyen.
Un produit.

Utilisé pour obtenir de l'argent. 

Les spectacles avec des animaux doivent cesser.
Il s'agit d'une pratique archaïque, qui entraine de la souffrance. 
Celle d'êtres vivants, pour le plaisir d'une minorité, et pour que certains puissent se remplir les poches.
Il ne s'agit pas d'art ni de spectacle.
La recherche d'un plaisir par la domination et la souffrance d'autrui, c'est tout simplement du sadisme.

Il est temps que cela cesse.
Il est temps que les animaux des cirques puissent rejoindre des sanctuaires, et finir leur vie en paix.
Il est temps que les cirques deviennent des lieux de spectacles et de divertissements, où le corps humain, par l'intermédiaire des jongleurs, des acrobates, des cracheurs de feu... soit le seul utilisé.
Parce qu'il l'est en connaissance de cause et par choix, et que ces spectacles là continueront d'éblouir tout un chacun, sans qu'il ne soit nécessaire d'y intégrer des animaux.


Maya - One Voice 


Il est temps. 
Et la majorité d'entre nous en est consciente. 

Leur souffrance, notre culpabilité.


Charlie
One Voice, la Plainte 

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